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Regional themes > General Last update: 2008-12-17  
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Comprendre les facteurs déterminants de la pauvreté:
Le cas de l’éducation et de la santé en Guinée


Sékou Falil Doumbouya


SARPN acknowledges the African Economic Research Consortium (AERC) as the source of this document: www.aercafrica.org
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Position du probleme et objectif

Position du probleme

La formulation d’une bonne politique gouvernementale nécessite des informations fiables. Les conditions initiales de l’état du bien-être des membres d’une société et qui motivent les interventions gouvernementales peuvent se détériorer en raison du manque d’informations. De plus, les politiques gouvernementales ne sont pas neutres quant à leurs effets distributifs. Il y aura des perdants et des gagnants. Comprendre les mécanismes distributifs des politiques gouvernementales est une raison fondamentale pour entreprendre leurs analyses.

Les politiques gouvernementales qui influencent la distribution des actifs, tels que ceux du capital humain, auxquels les ménages font face, affectent le bien-être des membres d’une société. En Afrique sub-saharienne, bien que plusieurs facteurs déterminent le niveau du bien-être des individus, les faibles niveaux du capital humain sont considérés comme un obstacle majeur à la croissance économique et à l’élimination de la pauvreté. Ainsi, comprendre comment les ménages répondent, en termes de leurs demandes d’éducation et de santé, aux changements de la politique gouvernementale est une composante importante de l’analyse et de la formulation de la politique gouvernementale.

Bien que le lien entre l’éducation scolaire d’un individu et sa productivité d’une part, et le lien entre les effets bénéfiques d’une santé améliorée et la productivité d’autre part, font partie des relations les mieux documentées de l’économie, les recherches récentes ont commencé à explorer les différences selon le genre et selon le milieu de résidence (rural/urbain) dans le choix (ou le non choix) du prestataire d’éducation ou de santé. Les recherches récentes ont cherché à savoir si les différences entre les garçons et les filles (ou entre les zones rurales et urbaines) dans le choix de l’inscription des enfants à l’école ou dans le choix du prestataire des soins de santé (y compris le non-soins/soins informels) sont importantes.

La préoccupation quant aux différences selon le genre et selon le milieu de résidence est motivée par plusieurs facteurs. D’abord, les disparités entre les filles et les garçons d’une part, et entre la zone rurale et la zone urbaine d’autre part, en matière d’accès à l’éducation et à la santé sont importantes en Afrique subsaharienne. Ensuite, les recherches récentes indiquent que les parents n’ont pas les mêmes préférences en matière d’investissements en capital humain pour leurs garçons et pour leurs filles. Enfin, les contraintes budgétaires auxquelles les gouvernements font face nécessitent un ciblage des bénéficiaires des projets et actions publiques.

Une compréhension de la structure de la demande d’éducation et des soins de santé est particulièrement importante dans les pays en développement. Cette information manque dans la plupart de ces pays. De plus, plusieurs de ces pays font face à des contraintes budgétaires qui réduisent les marges des décideurs.

Cas d’etude de la Guinee

Le besoin de ce type d’information est particulièrement crucial pour la Guinée et pour plusieurs raisons. D’abord il y a une pénurie d’informations en Guinée. Les informations socio-économiques de base existantes n’ont été collectées qu’après 1990. On sait très peu de choses en Guinée sur la structure des préférences des ménages sur leur décision concernant l’inscription de leurs enfants à l’école et sur le choix du type de traitement des individus en cas de maladie. Quelques données ont été obtenues en 1991 avec l’enquete-menage de Conakry, la capitale et la plus grande zone urbaine du pays. L’article de Glick et Sahn (1998) sur les effets de l’éducation des parents, du revenu et de la structure du ménage sur la scolarisation des filles et des garçons est la seule analyse disponible sur la demande d’éducation en Guinée. Cependant, leur analyse est incomplète en raison des limites liées aux données collectées et ces dernières sont maintenant obsolètes1. Une enquete-ménage a été conduite au niveau national en 1991 (ESIP) mais les données sont très fragmentaires2. L’enquete-menage de 1994 réalisée au niveau national n’a pas encore été utilisée pour analyser la demande d’éducation et de soins de santé. La plus récente base de données socio-économique provient de l’enquete-menage de 2002 et dont le volet consommation-revenu sera disponible en juin 2005.

Ensuite, les circonstances économiques font que le besoin d’information sur la structure de la demande d’éducation et de santé devient pertinent. Comme la plupart des pays africains, la Guinée fait face à une crise économique. Les difficultés économiques du pays au début des années 2000 proviennent pour une bonne part du déclin des revenus budgétaires provenant de l’exportation de la bauxite, de l’insécurité dans la sous-region, de la hausse des prix des produits pétroliers et de la baisse de l’aide internationale.

Ces difficultés économiques conduisent à la baisse de la qualité des services publics d’éducation et de santé et posent le défi de la poursuite des reformes de politiques économiques et des réformes institutionnelles. Avec les difficultés économiques du début des années 80, le gouvernement a depuis 1986 introduit le financement privé de l’éducation et de la santé. Ces politiques seront probablement poursuivies dans les décennies à venir. Bien qu’elles auront un impact sur tous les segments de la société, la question de la distribution de leurs coûts et bénéfices sur les différents segments de la société (ex : hommes/femmes, ruraux/urbains,…) devient préoccupante. En particulier, il y a une appréhension selon laquelle les groupes les plus vulnérables de la société seront les plus affectés. Ces politiques peuvent affecter la décision d’aller a l’école et la décision de consulter un prestataire formel de soins de santé. Le changement d’attitude de l’accès à ces services de base peut significativement affecter le bien-être des ménages. Il est alors essentiel pour les décideurs politiques de comprendre clairement les caractéristiques des groupes vulnérables en termes de statut socio-économique, de niveau de revenus, de l’utilisation des services de base, mais aussi de leurs comportements en réaction au changement de ces caractéristiques.

Les objectifs de l’etude

L’objectif de cette étude est d’examiner les caractéristiques des indicateurs d’éducation et de santé en Guinée selon le genre, les classes de revenus, le milieu de résidence et estimer les paramètres de demande pouvant présenter un intérêt pour la politique gouvernementale.

L’hypothèse sous-jacente est que les différences du capital selon le genre, le milieu de résidence et la classe de revenus proviennent de la structure de leur demande pour le capital humain (représenté ici par l’éducation et la santé). De plus, la réponse des ménages et des individus diffèrent selon les différents segments de la société. Ces différents segments ont des caractéristiques identifiables qui peuvent être influencés par la politique gouvernementale et les réformes institutionnelles.

Cette analyse sera basée sur la plus récente base de données en Guinée quant aux caractéristiques socio-économiques. Les données de cette base ont été collectées durant l’enquête intégrée de base sur la pauvreté (EIBEP) conduite en 2002/2003 par la Direction Nationale de la Statistique en Guinée. Compte tenu du retard lié à la disponibilité des données finales de cette enquête3 et du calendrier de la présente étude, un rapport intérimaire sera préparé sur la base des données de l’enquête de 1994/95.

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Footnotes:
  1. Les données utilisées sont celles de 1991 et ne tiennent pas compte des caractéristiques communautaires et sont limitées a la zone de Conakry.
  2. Elle ne contient pas de volets sur le revenu et les dépenses.
  3. Les premières données de cette enquête sont disponibles depuis le deuxième semestre de 2004 (Questionnaire Intégré sur les indicateurs de base) . Mais le volet consommation-revenu ne sera disponible qu’en juin 2005.


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