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Regional themes > Civil society Last update: 2008-12-17  
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South African Institute of International Affairs (SAIIA)

Comment influencer le MAEP: Un guide pour la société civile

Ross Herbert

l’Institut Sud Africain des Affaires Internationales

2007

SARPN acknowledges SAIIA as a source of this document: www.saiia.org.za
[Document entier - 382Kb ~ 2 min (20 pages)]     [ Share with a friend  ]

Introduction

Le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs constitue une occasion inestimable pour la société civile d’inscrire les problèmes clés et les solutions à l’ordre du jour national. Il peut être un outil utile de plaidoyer pour ouvrir la voie à une conversation nationale plus inclusive sur la politique et pour garantir la réalisation des promesses du gouvernement. Cependant, le MAEP est aussi complexe et exigeant. Il peut grever les ressources, le temps, le financement et l’ingéniosité de tous ses participants, et plus particulièrement les groupes de la société civile qui n’ont pas les capitaux et le personnel dont dispose le gouvernement.

Dans sa décision de joindre le MAEP, la société civile devra peser soigneusement les implications politiques. L’évaluation par les pairs espère inspirer une conversation nationale de collaboration plus ouverte sur la gouvernance. Cependant, comme le MAEP effleure des sujets très délicats, de nombreux gouvernements craignent les conséquences d’un débat non contenu du MAEP et on fortement envie de vouloir contrôler le processus.

Comprendre et gérer les inquiétudes des gouvernements

Il peut être crucial pour la société civile d’avoir un sens réaliste de la dimension politique. Du point de vue de la société civile, il serait désirable que chaque pays suive l’exemple du Ghana et remette le processus entre les mains d’un comité composé exclusivement de membres de la société civile. Mais face aux libertés prises par l’Afrique du Sud avec le règlement, le Secrétariat et les Personnes Eminentes ont précisé qu’ils ne voulaient pas critiquer ou essayer de changer le cours projeté d’un gouvernement particulier.

“Voyons le MAEP comme un terrain contesté. Ne soyons pas trop romantiques à son sujet,” a dit Peter Anyang’ N’yongo à un atelier de formation de l’UNECA-SAIIA pour les points focaux nationaux. 1 L’ancien Point Focal kényan du MAEF et ministre de l’aménagement du territoire, N’yongo, a soutenu que ni la société civile ni le gouvernement ne pouvait s’attendre à commander la scène du MAEP sans l’autre. “Nous voudrions autant que possible voir la société civile de tous les Etats africains s’épanouir comme des fleurs et s’exprimer complètement au MAEP. En réalité cela ne se produira pas.”

Si le point de vue de N’yongo prévaut, certains gouvernements essayeront inévitablement d’aborder l’évaluation par les pairs avec plus de contrôle que ne l’a fait l’Afrique du Sud.

Trois leçons de la société civile

On peut retenir clairement trois leçons de l’engagement de la société civile avec le MAEP. Premièrement, la société civile a tendance à attendre que le gouvernement annonce le conseil de gouvernance et la période de temps. C’est une erreur importante car dès que le plan aura été annoncé, les gouvernements seront peu disposés à le changer, pour la simple raison qu’ils ne veulent pas être forcés d’admettre qu’ils ont fait une erreur. Le fait d’attendre que le gouvernement se prononce va lui faire manquer la possibilité importante d’influencer la pensée formatrice du gouvernement sur le MAEP. En mettant ses idées et exigences dans le domaine public la société civile montrera qu’elle s’intéresse sérieusement au MAEP. Et que si le gouvernement choisit une approche contrôlée, elle devra par la suite subir des mois ou des années de critique publique.

Deuxièmement, l’exploitation des opportunités offertes par le MAEP demande des pressions sous plusieurs formes, sur un grand nombre de personnes, sur une longue période de temps. Une ouverture ou des déclarations publiques ne serviront à rien. La société civile doit former des coalitions et des alliances flexibles pour exercer des pressions et des persuasions de tous les côtés et de la part des institutions.

Troisièmement, la société civile doit se faire valoir dans toutes les phases du début à la fin. Cela signifie influencer la formation des structures nationales du MAEP, le choix des institutions de recherche qui feront les analyses et rédigeront le rapport, la forme et les sondages de recherche et les consultations publiques, les preuves et les soumissions écrites qui auront été apportées, et les solutions qui auront été mises dans le programme d’action. Quand la phase d’auto-évaluation est achevée, le processus n’est pas encore terminé. La société civile peut avoir un impact important en aidant l’équipe d’experts qui dirige l’évaluation nationale. En leur offrant des témoignages, des preuves et des rapports écrits on simplifiera leur tâche et on leur fera part des points de vue de la société civile sur les problèmes nationaux clés.

La société civile devra défendre ses intérêts et convaincre les gouvernements que toute tentative de domination du MAEP occasionnera des plaintes, des protestations, de l’embarras et , probablement – comme cela s’est produit en Afrique du Sud – un rapport d’évaluation très critique.

Une certaine mesure de contestation est inévitable quand différents partis ont des points de vue opposés. La société civile devra se demander quel ton et quelle approche prendre pour persuader le gouvernement. Elle doit trouver des manières créatrices d’influencer le gouvernement, le parlement, les organismes gouvernementaux semi-indépendants et les médias.

Une bonne planification donne de bons résultats

Pour tirer le meilleur parti du MAEP, la société civile doit faire des projets – pour surmonter les défis et exploiter les opportunités. Il est important de noter que le MAEP est un processus multidimensionnel qui implique de nombreuses organisations et individus – le gouvernement, le comité national de gouvernance, les institutions de recherche, et de nombreuses circonscriptions électorales de la société civile. Chacun a ses propres priorités et approches. Pour atteindre le meilleur résultat il faut que la société civile pense non seulement à ce que le rapport du MAEP devrait dire mais aussi à la façon d’influencer ces différents participants et les décisions qui seront prises à des moments clés du processus.

La société civile trouvera que le nombre de réunions et les cibles potentielles d’influence mettront son temps et ses ressources à dure épreuve. Il est donc indispensable de définir ses priorités et de former des alliances. Un groupe seul ne peut pas tout faire. Et si le MAEP doit avoir pour résultat un changement à long terme dans les systèmes de gouvernance, la société civile doit le considérer non pas comme une occasion de marquer des points en politique mais d’étendre le consensus autour des différentes propositions de réformes. Elle doit surtout amener le gouvernement et les partis politiques à penser comme elle. Finalement, ni le processus national du MAEP ni les autorités continentales ne peuvent forcer les gouvernements à prendre des décisions qui les gênent.


Footnote:
  1. “Les bonnes pratiques du MAEP et les leçons apprises : L’exploration du processus et des expériences nationales”, séminaire pour les Points Focaux du MAEP par la commission Economique pour l’Afrique des Nations Unies, L’Institut sud-africain des Affaires Internationales et le Secrétariat du MAEP, 20-21 février 2007, Addis Abeba.


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